L’asie, c’est un peu une passion pour moi. En construisant Shinmanga et ce blog, je souhaite parler de tous les aspects de la culture asiatique que j’apprécie, de la littérature à la politique en passant par le droit et les nouvelles technologies. J’espère que vous apprécierez ce blog!
Petit passage d’Emile Guimet à propos d’un public japonais lors d’un spectacle en 1868 :
“… ce qui me frappe surtout, c’est l’élégance débraillée de tous ces personnages ; on pense à la fois à Aristophane et à Labiche, il y a dans ces hommes de l’éphèbe et du gavroche; Athéniens par leurs jambes nues, finement chaussées de brodequins blancs, ils sont faubouriens par leurs chapeaux déformés et leurs casquettes de drap. “
Petit passage de Paul Claudel à propos de la Chine (extrait d’un article publié dans Les nouvelles Littéraires du 22 mars 1936″
“Comme j’ai aimé la Chine! il y a ainsi des pays, que l’on accepte, que l’on épouse, que l’on adopte d’un seul coup comme une femme s’ils avaient été faits pour nous et nous pour eux! Cette Chine à l’état de friture perpétuelle, grouillante, désolrdonnée, anarchique, ave sa saleté epique, ses mendiants, ses lépreux, toutes ses tripes à l’air, mais aussi avec cet enthousiasme de vie et de mouvement, je l’ai absorbée d’un seul coup, je m’y suis plongé avec délices, avec émerveillement, avec une approbation intégrale, aucune objection à formuler! je m’y sentais comme un poisson dans l’eau! Ce qui me semblait particulièrement délicieux, c’était cette spontanéité, cette ébullition sans contrainte, cette activité ingénieuse et naïve, tous ces petits métiers charmants, cette présence universelle de la famille et de la communauté, et aussi, faut-il le dire, ce sentiment partout du surnaturel, ces temples, ces tombeaux, ces humbles petits sanctuaires sous un arbre où le culte se compose d’une baguette d’encens et d’un morceau de papier, tout cela m’était comestible. Je me suis toujours senti, je l’avoue, beaucoup plus à mon aise au milieu des païens qu’avec ceux qu’on nous engage à appeler, je ne sais pourquoi, “nos frères séparés”. Spontané, ai-je dit tout à l’heure. Oui, la Chine était un pays spontané, aussi intensément et spécifiquement humain qu’une fourmilière peut être formique, elle devait tout à une espèce de sagesse vitale et innée enracinée dans le goût et dans l’instinct. Qu’elle impression éblouissante, j’ai gardée de l’ancien Coanton, cette ville sublime de bois doré, aujourd’hui détruite par les révolutionnaires, là comme partout ennemis de tout art et de toute beauté! La Chine, telle qu’elle existait alors, était le pays le plus vraiment et le plus pratiquement libre que j’ai jamais connnu, c’est-à-dire pour les choses immédiates qui seules après tout ont de l’importance . […]”







