” A quinze ans, je résolus d’apprendre. A trente ans, j’étais debout dans la VOie. A quarante ans, je n’éprouvais plus aucun doute. A cinquante ans, je connaissais le décret du Ciel. A soixante ans, j’avais une oreille parfaitement accordée. A soixante-dix ans, j’agissais selon les désirs de mon coeur, sans pour autant transgresser aucune règle” Entretiens , II, 4
Tout d’abord, il convient de rappeler que Confucius s’inscrit dans un contexte. Comme beaucoup de philosophe, il est le fruit d’une rupture à un instant T de l’histoire. L’arrivée de Confucius s’inscrit dans le déclin de l’empire Zhou , au VIIIe siècle avant J.C. Mais l’influence de Confucius se perpétuera et encore aujourd’hui , la culture chinoise est largement influencée par cette pensée. “Né à Qufu dans l’actuelle province du Shandong, il est généralement appelé Kǒngzǐ (孔子) ou Kǒng Fūzǐ (孔夫子) par les Chinois, ce qui signifie « Maître Kong » et qui a été latinisé en “Confucius” par les Jésuites [source Wikipedia]”. L’oeuvre majeure de Confucius est un recueil de texte, les “Entretiens”. Il compile les différentes notes de ses disciples rapportant les paroles du maître.
“Confucius, dit-on, vit le jour en 551 avant notre ère, non loin de la ville de Qufu, dans la province de Shandong. Les historiens chinois, depuis deux mille ans, parlent de ce temps très ancien comme étant celui des « Printemps et des automnes » (Chunqiu). Ils font ainsi référence à une chronique racontant ce qui advint, entre 722 et 481 avant J.-C. précisément dans cette région que l’on nommait alors le pays de Lu. Selon la tradition, son père, descendant de la dynastie Shang, gouverna la province de Lu 鲁 (dans le sud-est de l’actuelle Shandong). À 70 ans, ce dernier épousa en secondes noces, une fille de 20 ans.
Il mourut alors que Confucius n’avait que trois ans, laissant sa famille dans la pauvreté.
Dès l’âge de dix-sept ans, grâce à un goût précoce pour les livres et les rites, Confucius serait devenu précepteur. Il se maria à vingt-quatre ans et eut trois enfants (un fils, Kong Li, et deux filles). Pour vivre, il effectuait probablement des tâches administratives pour le chef de province. La légende veut qu’il aurait rencontré Lao Zi en allant consulter des annales, et qu’il en aurait été si fortement impressionné, qu’il n’aurait plus parlé pendant trois jours ou un mois.Après la mort de sa mère en -527, il enseigna sa connaissance des textes anciens au petit groupe de disciples qui le suivait. Après quelques emplois subalternes à la cour de son prince, il se fit écarter du poste et partit en -496 pour quatorze ans d’errance, à la recherche d’un souverain capable de l’écouter. Il rentra définitivement à Lu pour se consacrer jusqu’à sa mort, en -479, à l’enseignement et à la compilation de textes anciens” [source Wikipedia]
La condition initialement assez modeste de Confucius, fait qu’il appartient à la classe appelée Shi, une classe regroupant les individus de classe assez modeste ayant réussi à monter dans la hiérarchie grâce à leur compétence particulière. Confucius a occupé plusieurs postes administratifs pour devenir enfin Ministre de la Justice avant qu’il ne quitte son poste pour des raisons éthiques.
Qu’est ce que la pensée confucéenne? Concernant sa pensée, elle se concentre sur l’humain. Ses entretiens pourraient d’ailleurs être assimilés à un traité sur ” comment devenir humain“.Tout d’abord pour Confucius, on devient humain grâce à l’apprentissage qui nous permet de nous améliorer.
A qui s’adresse sa pensée? Son apprentissage a vocation à s’appliquer à tous et à cela de moderne qu’il est en rupture totale avec le système de caste de l’époque plutôt basé sur une condition liée à la naissance.
Comme peut on suivre son apprentissage? Son apprentissage suit deux logiques. Une théorique, à savoir l’apprentissage des textes anciens et une pratique. Comme l’indique Anne Cheng (grande source de cet article par ailleurs que je citerais bien sur dans mes sources), Confucius s’attache plus au “savoir comment” qu’au “savoir que“.
Cet apprentissage varie en fonction des périodes de vie de l’individu. A la jeunesse, Confucius propose le respect. L’éducation se mérite. La contrepartie de l’éducation est le respect. On retrouve ici plusieurs piliers de la “pensée confucéenne”. L’apprentissage a pour contrepartie le respect. Le fait d’être éduqué entraine la responsabilité, notamment la responsabilité de transmettre son savoir. A grand savoir, grande responsabilité. L’ascencion sociale possible et voulue ne remet donc pas en cause la hiérarchie. La noblesse subsiste mais un autre critère intervient, à savoir l’accomplissement en tant qu’être humain (devenir un “homme de bien” dans le sens où il a un sens important de la moralité). Confucius oppose ainsi “l’homme de peu” et “l’homme de bien”, “l’homme de bien” disposant d’une grande moralité (”l’homme de bien connait le juste, l’homme de rien ne connaît que le profit”).
Quelles sont les grandes notions de la pensée Confucéenne? hormis les grands axes cités précédemment, sans doute au nombre de trois: Ren, mansuétude et milieu. La grande moralité permettant à un être selon Confucius de se qualifier d’humain, est appelée par Confucius le Ren. Selon Confucius , il s’agit d’un objectif vers lequel chaque être humain doit tendre. A la notion de Ren , peut être rattaché la notion de “mansuétude”, cette notion correspondant à la phrase bien connu selon laquelle il ne faut pas faire aux autres ce que l’on ne voudrait pas qu’on nous fasse.
Ren , mansuétude se voit compléter par un troisième concept fédérateur, celui du milieu. L’équilibre, le milieu, qui se voit opposer à l’excessif, le fait de ne voir que l’intérêt à court terme. A ces trois concepts peut être ajouté les autres piliers cités précédemment que sont, respect, responsabilité, éducation. Ces notions et piliers encadrent la structure de la pensée confucéenne, le système hiéarchisée et la relation entre les individus au sein de cette hiérarchie.
Enfin, Confucius attache une très grande importance aux rites et au respect de ces rites dans le sens de protocole. Ce respect n’est que le corolaire et la manifestation des notions précités. Ce protocole permet notamment de distinguer l’humain du “Barbare”.
Ces principes doivent bien entendu s’appliquer au politique et à ceux qui dirigent le pays. Ils doivent ainsi reigner dans la justesse, non par la force mais par la mansuétude, mettant en place une sorte d’harmonie (que l’on pourrait peut être assimiler aujourd’hui à l’idée de cercle vertueux, dans le sens où la mise en place de l’harmonie doit conduire l’humanité à s’améliorer et à s’élever). Le souverain se doit d’avoir un comportement exemplaire tant du point de vu de la moral que de la justesse, employant ainsi ses mots avec parcimonie et précision, ayant toujours le soucis de l’adéquation du vocabulaire avec la réalité pratique (il y a ici toujours ce souci de lier théorie et pratique)
Pour aller plus loin, je vous invite à lire “Histoire de la pensée chinoise ” de Anne Cheng, et sur internet ce petit dossier (et bien sur “les entretiens”)







